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27 juin 2021

Interview d’Emmanuelle Dupuy

Vous êtes autrice pour la télévision depuis plus de dix ans, vous avez écrit des épisodes des séries Camping Paradis, Interventions, CUT ou encore Demain nous appartient . Quel est votre parcours ? Qu’est-ce qui vous a amenée à l’écriture ?
J’ai un double parcours universitaire et théâtral. J’ai commencé par être comédienne tout en enseignant le théâtre puis le français en collèges et lycées. J’ai arrêté l’enseignement au bout de 10 ans pour revenir au spectacle vivant. Entre temps, j’ai travaillé comme rédactrice pour l’événementiel. Et puis un jour, un ami scénariste qui dirigeait la collection d’une série quotidienne où l’héroïne travaillait dans une agence d’événements m’a proposé de passer un test d’écriture. Je suis ainsi entrée comme scénariste aux séquenciers sur « Seconde Chance » pour TF1. C’était parti…

Depuis 2018, vous êtes co-créatrice de la série policière OPJ Pacifique Sud, produite par Terence Films pour France ô, (rebaptisée OPJ) . Comment est né ce projet ?
Nous sortions tout juste de l’écriture de la série « CUT » que nous avons bouclée après 6 saisons. Bertrand Cohen, producteur de TERENCE, avait envie, et nous aussi, d’une nouvelle série « outre mer » plus polar. Il nous a proposé de développer son idée de suivre le quotidien d’une brigade à Nouméa à travers quatre personnages aux parcours et horizons divers. OPJ pacifique sud était née. Puis avec l’arrivée du Covid et les contraintes de tournage, il a fallu ré écrire la deuxième saison pour la tourner à la Réunion en des temps record. Retour aux sources donc puisque c’est à la Réunion que les six saisons de « CUT » se sont également tournées. La série s’est rebaptisée OPJ 974. Nous avons enchainé avec la saison 3, déjà en tournage. On n’a pas trainé !

Pouvez-vous nous présenter la série ?
C’est une série polar pas comme les autres car au lieu d’un binôme d’enquêteurs, nous avons un quatuor bien métissé ! Une commandante réunionnaise, un lieutenant antillais, une brigadière « kanak » et un capitaine également calédonien mais blanc. Ils ont chacun.e des trajectoires et problématiques différentes, liées à leur âge, situation de famille, culture… Ça nous permet d’avoir un ton un peu léger, comédie, qui n’exclut pas les sujets graves bien sûr. La série assume un certain mélange de genres qui doit venir de son ADN originel : le feuilleton quotidien.

Deux épisodes inédits de la deuxième saison d’OPJ seront diffusés en prime jeudi 1er juillet sur France 3. Comment s’est passé l’écriture de cette deuxième saison, riche en nouveautés avec notamment la participation exceptionnelle d’Olivier Marchal et de Samir Boitard !
La grande différence entre la saison 1 et la saison 2, en dehors du fait que le lieu de tournage a changé (on est passé de la Nouvelle Calédonie à l’île de la Réunion), c’est le changement de format. On est passé du 26 minutes, avec un esprit « feuilleton » où le polar et l’intime de nos récurrents se mêlait, au 52 minutes et de France ô à France 3. Du coup, il a fallu ré écrire autrement, remettre l’enquête au cœur de l’écriture, quitte à alléger un peu les arches de nos personnages. Et bien sûr, le fait d’avoir des guests comme Olivier Marchal et Samir Boitard nous a amenés à soigner leurs partitions ! C’était intéressant car ressourçant, ça nous a amenés à repenser le ton et le style de la série.

Avez-vous des projets en cours ou à venir dont vous souhaiteriez nous parler ? Quels sont vos désirs pour l’avenir ?
Oui j’ai plusieurs projets en développement, notamment une série qui interroge la radicalisation écologique mais c’est un peu prématuré pour en parler. Sinon, j’ai écrit et mis en scène un spectacle musical tout public qui se joue en juillet au festival off d’Avignon: « Nacé et la pierre d’arc-en-ciel » au théâtre des Brunes, je fais ma pub ! Et puis bientôt la reprise de « Don Juane », d’après Molière, autre spectacle que j’ai mis en scène avec une jeune équipe talentueuse, et qui va bientôt se rejouer. Je partage de plus en plus mon temps entre l’écriture et le théâtre, qui m’a longtemps manqué.

Merci Emmanuelle Dupuy !

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