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11 décembre 2020

Interview de Gilles Cahoreau & Nathalie Hugon

Gilles Cahoreau & Nathalie Hugon vous êtes tous les deux auteurs, quel a été votre parcours auparavant ? Qu’est-ce qui vous a amené dans ce domaine ?
G.C. : J’étais journaliste et écrivain. C’est en travaillant sur la biographie de François Truffaut (éditions Julliard) que j’ai découvert le travail du scénariste. Ce qui m’a tout de suite plu c’est que c’est un sport d’équipe : entre la production, la réalisation et les comédiens, on n’est pas tout seul, c’est une écriture vivante qui évolue jusqu’au montage
N.H. : pour moi ça été une reconversion. J’ai été comédienne au théâtre pendant 20 ans, une vraie passion. Puis j’ai découvert la série, je suis même devenu addict et j’ai eu envie d’écrire. Je suis retournée à l’école, au CEEA, puis j’ai sauté le pas avec un premier unitaire pour TF1″la grève des femmes ». Je ne me suis plus jamais arrêtée.

Vous collaborez très souvent ensemble, vous avez notamment co-écrit des épisodes de Léo Mattei pour TF1, d’Alex Hugo pour France 2 et dernièrement vous avez écrit ensemble les trois policiers de la collection de France 3 : Les Brumes du souvenir, Les Murs du souvenir et Les Ondes du souvenir. Comment s’est passée votre rencontre ? C’est important pour vous de travailler en binôme ?
G.C. : C’est Lise qui a orchestré notre rencontre et ça a tout de suite été riche, gai et fructueux. Ayant écrit beaucoup de polar, je suis à l’aise sur le procédural et la construction, Nathalie a une formation de comédienne, elle a le souci premier des personnages et de laisser respirer les sentiments. On se complète idéalement.
N.H. : C’est ça on se complète, il faut qu’écrire soit une partie de plaisir, il faut s’amuser et être rigoureux, ensemble on a les 2.

Les Brumes du souvenir, Les Murs du souvenir et Les Ondes du souvenir, ce sont trois fictions dans lesquelles est évoquée l’Histoire à travers des affaires policières contemporaines. Comment avez-vous été amenés à travailler sur cette collection ? Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
G.C. : C’est né d’une discussion avec Delphine Wautier notre productrice, elle avait envie de fiction qui se passerait dans le grand Est. On a cherché et trouvé cet aspect méconnu de Verdun : la sanctuarisation du champ de bataille, les villages dits « morts pour la France ». Ça nous a tout de suite inspiré. Pour les suivants, on a cherché d’autres pages méconnues de l’histoire de France : Le Struthoff, seul camp de concentration sur le sol français pour les Murs, le site métallurgique du U4 et l’épopée de Radio Lorraine Cœur d’Acier pour les Ondes
N.H. : On a tous les deux un goût pour l’histoire, on voulait écrire, un polar qui fasse découvrir de façon didactique, des pans de nôtre passé. Cette collection c’est nôtre bébé, on en est fier. Delphine Wautier, notre productrice, Anne Didier et Anne Holmes de France TV, Sylvie Ayme la réalisatrice, nous ont accompagnés sur ces 3 volets. Même équipe technique, même comédiens récurrents , une vraie histoire de famille…

Gaëlle BONA, David KAMMENOS

Samedi 12 décembre sera diffusé le troisième volet de cette collection, Les Ondes du souvenir. Comment s’est passé l’écriture de ce film ? En parallèle de l’enquête policière, comment faites-vous évoluer les personnages principaux, Clara Merisi et François Gilbert, incarnés par Gaëlle Bona et David Kammenos ?
G.C. : Pour chaque film on se documente beaucoup. On part sur place tous les deux et on rencontre des témoins, on visite des lieux : le U4, les vitraux Majorelle du siège de la sidérurgie, les cités ouvrières, les aciéries transformées en terrain de golf… Ça nous inspire et on transmet tous ces décors à Sylvie Ayme, la réalisatrice. Le soir après les repérages et la documentation on discute avec Nathalie du parcours des personnages. Comme le sujet historique c’était l’engagement militant, il nous semblait intéressant de traiter en miroir la question de l’engagement intime, dans le couple de Clara et François mais aussi pour leur compère Guillaume.
N.H. : On décide d’une ligne dramatique intime sur nos récurrents pour chaque film. Elle traverse l’intrigue policière. Le couple de Clara et François suit des évolutions que n’importe quel couple peut rencontrer. Pour le polar c’est vraiment le sujet historique qui nous fait imaginer nos protagonistes.

Quelles sont vos envies pour le futur, avez-vous des projets en cours, ensemble ou séparément, dont vous souhaitez nous parler ?
G.C. : Avec Nathalie nous avons commencé à écrire un biopic sur la seule femme médecin engagée dans l’armée française pendant la première guerre mondiale. La hiérarchie a cherché à l’évincer mais elle s’est retrouvée en première ligne avec les poilus. Cette histoire vraie est une page édifiante de la lutte pour l’émancipation féminine. L’aventure d’une femme toute seule dans un monde d’homme… Passionnant.
N.H. : Je viens d’écrire avec Juliette Boudre l’adaptation de son livre « maman me laisse pas m’endormir » pour France 2. Ce film retrace la descente aux enfers de Juliette quand elle a découvert que son fils était drogué aux benzodiazépines. Une expérience très forte. Je travaille aussi sur l’adaptation d’une série fantastique coréenne, « Tunnel ». J’avais très envie de me coller au fantastique, je suis fan. J’espère aussi retrouver Gilles rapidement sur ce projet de biopic, c’est tellement dans la lignée de ce qu’on aime écrire ensemble.

Merci à tous les deux !

Plus d’infos sur Les Ondes du souvenir : http://www.agencelisearif.fr/les-ondes-du-souvenir-ecrit-par-nathalie-hugon-et-gilles-cahoreau-sur-france-3/

Plus d’info sur Gilles Cahoreau :
http://www.agencelisearif.fr/auteur-realisateur/gilles-cahoreau/

Plus d’infos sur Nathalie Hugon :
http://www.agencelisearif.fr/auteur-realisateur/nathalie-hugon/